Gaspillage alimentaire: Peut mieux faire

Gaspillage : 41,2 tonnes de nourriture jetées chaque seconde dans le monde

En France, ce sont 10 millions de tonnes de nourriture qui sont jetées chaque année, d’une valeur de 16 milliards d’euros.

Par MARIANNE BOYEREUGÉNIE DUMAS

En moyenne, chaque Français jette l’équivalent d’un repas à la poubelle toutes les semaines. Ce chiffre illustre l’importance, tant symbolique que concrète, du gaspillage permanent. A l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, lundi 16 octobre, Les Décodeurs font le point en chiffres sur l’ampleur du phénomène.

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Source: http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/10/16/gaspillage-41-2-tonnes-de-nourriture-jetees-chaque-seconde-dans-le-monde_5201728_4355770.html

Les Français mangent mal

Les Français mangent mal et se sédentarisent

Selon une vaste étude de l’Anses, les assiettes contiennent toujours plus de produits transformés et de compléments alimentaires, trop de sel et pas assez de fibres.

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par Audrey Garric

Dis-moi ce que tu manges et je te dirai quelle est ta santé. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) vient de publier, mercredi 12 juillet, sa troisième étude sur les habitudes alimentaires des Français. Réalisée tous les sept ans, elle constitue la photographie la plus complète du contenu de nos assiettes. En analysant à la fois les apports nutritionnels bénéfiques et les expositions à des substances néfastes, l’établissement public cherche à mieux prévenir les maladies et à améliorer la santé des Français.

« Le rôle de l’alimentation dans l’augmentation ou la prévention de certaines maladies comme le cancer, l’obésité ou les maladies cardiovasculaires est aujourd’hui scientifiquement établi », rappelle l’agence, qui a réalisé ce rapport intitulé INCA 3 (étude individuelle nationale des consommations alimentaires) sous l’égide des ministères de la santé et de l’agriculture.

Entre 2014 et 2015, elle a recueilli les habitudes alimentaires de 5 800 personnes représentatives de la population (près de 3 100 adultes et 2 700 enfants), à raison d’un, deux ou trois jours chacune, soit 13 600 journées de consommations et 320 000 aliments analysés. Ses résultats ont été interprétés par un groupe d’experts (nutritionnistes, épidémiologistes, toxicologues, microbiologistes).

Sorte de petite souris dans nos cuisines, le rapport détaille d’abord notre alimentation quotidienne. Les adultes consomment en moyenne 2,9 kg d’aliments chaque jour, soit environ 2 200 kcal, dont 50 % de boissons. Les femmes privilégient généralement les yaourts et fromages blancs, les compotes, la volaille, les soupes et les boissons chaudes, tandis que les hommes optent plus facilement pour les produits céréaliers raffinés, les viandes et charcuteries, les pommes de terre, les fromages, les crèmes dessert et les boissons alcoolisées. Il en résulte que les hommes mangent plus et que leur apport énergétique est supérieur de 38 % à celui des femmes.

assiette_fr Trop de sel, pas assez de fibres

L’Anses ne tire pas de conclusion quant aux consommations de sucres et de graisses, mais avait déjà indiqué lors d’une précédente étude que leur consommation en forte quantité est néfaste pour la santé. Elle se penche en revanche sur le sel et les fibres. Les apports en chlorure de sodium sont estimés à 9 grammes par jour (g/j) chez les hommes et à 7 g/j chez les femmes, soit davantage que l’objectif nutritionnel de santé publique fixé par le Programme national nutrition santé (8 g/j pour les hommes et 6,5 g/j pour les femmes). En cause : les pains, les sandwichs, pizzas et pâtisseries salées, les condiments et sauces, les soupes et les charcuteries.

A l’opposé, les apports en fibres, contenues dans les fruits et légumes, les légumineuses et les produits céréaliers, atteignent à peine 20 g/j chez les adultes, bien en deçà des recommandations de l’Anses (30 g/j). L’agence appelle les professionnels à « amplifier l’effort de réduction des teneurs en sel des aliments » et à « augmenter [celles] en fibres ».

Progression des compléments alimentaires

Cette assiette à la note plutôt salée accueille de plus en plus d’aliments transformés, problématiques sur le plan de la santé. Des sandwichs et des pizzas, mais aussi des jus de fruits et de légumes, des pâtisseries, des compotes ou encore des glaces. La majorité sont des produits industriels, marquant une « complexification de l’alimentation ».

En parallèle, le nombre de consommateurs de compléments alimentaires (vitamines, minéraux, plantes) a fortement augmenté, passant de 12 % à 19 % chez les enfants et de 20 % à 29 % chez les adultes entre 2006-2007 et 2014-2015. « Ces produits ne sont normalement pas nécessaires dans le cadre d’une alimentation équilibrée et peuvent même se révéler risqués. Il faut être prudents, surtout lorsqu’ils sont vendus sur Internet », prévient Jean-Luc Volatier, adjoint au directeur de l’évaluation des risques de l’Anses et conseiller scientifique pour l’étude INCA 3.

Nouvelles pratiques à risques

L’Anses relève d’autres comportements qui posent de « nouveaux enjeux en termes de sécurité sanitaire » : des dépassements plus fréquents des dates limites de consommation, des températures trop élevées dans les réfrigérateurs (supérieures à 6 °C), une augmentation de la consommation de denrées autoproduites (chasse, pêche, cueillette et eau de puits privés) et de protéines animales crues, qui peuvent être contaminées par des bactéries, des virus ou des parasites.

Les œufs, viandes, poissons et mollusques non cuits sont aujourd’hui engloutis par 80 % des Français. La mode des sushis et des tartares s’est traduite par un doublement du taux de consommateurs de poissons crus (de 15 % à 31 % depuis le rapport INCA 2, publié en 2009) et une hausse de celui de viande de bœuf crue (de 24 % à 30 %).

Une sédentarité « alarmante »

Ces nouvelles habitudes alimentaires s’inscrivent dans un contexte peu propice au maintien en bonne santé : celui d’une activité physique insuffisante et d’une sédentarité qui progresse de manière « alarmante ». 80 % des adultes sont considérés comme sédentaires, et 71 % des adolescents de 15 à 17 ans. Car depuis sept ans, le temps moyen passé quotidiennement devant un écran pour les loisirs a explosé : il a augmenté de 20 minutes chez les enfants, passant de 2 h 45 à 3 h 05, et de 1 h 20 chez les adultes, pour atteindre 4 h 50.

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« La sédentarité est un problème préoccupant : elle joue un rôle dans l’apparition de certaines pathologies comme le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires, même dans le cas d’individus qui pratiquent trente minutes d’activité physique par jour, comme nous le conseillons », assure Jean-Luc Volatier. Et de préconiser : « Il faut bouger souvent, se levermonter des escaliers. » L’Anses recommande de définir un repère spécifique sur la sédentarité en complément de celui existant sur l’activité physique.

Conséquence de ces deux ingrédients qui se marient mal : 13 % des enfants et des adolescents et 34 % des adultes étaient en surpoids en 2014-2015, et respectivement 4 % et 17 % étaient obèses. « Le seul élément encourageant, c’est que l’obésité s’est stabilisée pour la première fois depuis dix ans chez l’adulte et l’enfant, marquant même un infléchissement chez ce dernier », indique le professeur Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé, en citant les premiers résultats de l’étude Esteban – une autre enquête sur l’état de santé des Français menée par l’agence nationale Santé publique France.

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Inégalités sociales

L’analyse du poids des Français et de leur alimentation met au jour de fortes disparités de sexe, d’âge ou de région. Les adultes de 65 à 79 ans consomment par exemple plus d’aliments faits maison, les hommes de denrées animales crues, et les habitants des grandes agglomérations de poissons, confiseries et jus de fruits.

Mais ce sont surtout les inégalités sociales qui s’avèrent les plus criantes. Les Français ayant un niveau d’étude supérieur ou égal à bac + 4 consomment davantage de fruits et deux fois moins de sodas que ceux qui se sont arrêtés au primaire ou au collège. Ils pratiquent plus d’activité physique et sont moins souvent obèses. « Cette étude confirme que la nutrition est un grand marqueur social, juge Serge Hercberg. Ces inégalités ont tendance à s’accroître : les populations défavorisées améliorent leur état nutritionnel mais beaucoup moins vite et moins nettement que celles favorisées. »

De manière générale, « les Français ne mangent pas assez bien pour être en bonne santé », assène le spécialiste de la nutrition. « Beaucoup reste à faire pour atteindre une alimentation de bonne qualité nutritionnelle et surtout accessible à tous, avance-t-il. Il ne suffit pas de responsabiliser les individus, il faut également augmenter la qualité nutritionnelle des produits et leur transparence. » Cela passe par une politique de santé publique « bien plus ambitieuse qu’aujourd’hui », basée sur des taxes et des subventions, l’interdiction de la publicité sur les aliments trop riches en gras, en sel et en sucre, ou la mise en place d’un logo nutritionnel. Une façon de rappeler que notre santé ne réside pas seulement dans notre assiette.
Source:  http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/07/12/les-francais-mangent-mal-et-se-sedentarisent_5159458_3244.html#b4P9IvCsCLsqBkPL.99

Un petit oiseau, un petit poisson… (et Jeanne Moreau)

  • … s’aimaient d’amour tendre
  • Mais comment s’y prendre
  • Quand on est dans l’eau?

Jeanne Moreau est morte à l’âge de 89 ans

L’actrice, à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, qui a fasciné les plus grands réalisateurs, a été retrouvée morte à son domicile parisien.

Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 

La comédienne, chanteuse, actrice et réalisatrice Jeanne Moreau est morte lundi 31 juillet à l’âge de 89 ans, a annoncé son agent à l’Agence France-Presse lundi. L’actrice à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, qui a fasciné les plus grands réalisateurs au cours d’une carrière de soixante-cinq ans, a été retrouvée morte à son domicile parisien, a précisé Jeanne d’Hauteserre, maire du 8e arrondissement. Elle a été retrouvée par sa femme de ménage tôt lundi matin, selon plusieurs sources.

Née le 23 janvier 1928 à Paris d’un père restaurateur et d’une mère danseuse anglaise, l’inoubliable interprète de la chanson Tourbillon dans Jules et Jim, de François Truffaut, a tourné dans plus de 130 films. Le président Emmanuel Macron a rendu hommage à « une artiste qui incarnait le cinéma dans sa complexité, sa mémoire, son exigence ».

« Il est des personnalités qui à elles seules semblent résumer leur art. Jeanne Moreau fut de celles-ci. (…) Sa force fut de n’être jamais où on l’attendait, sachant s’échapper des catégories où trop vite on aurait voulu la ranger. Telle était sa liberté, constamment revendiquée, mise au service de causes auxquelles elle croyait, en femme de gauche ardente, toujours rebelle à l’ordre établi comme à la routine. »

« Dans une société corsetée, elle aura montré à toute une génération de femmes le chemin de l’émancipation et de l’affranchissement, a rappelé l’ancien ministre de la culture Jack Lang. Envoûtante et inoubliable, Jeanne Moreau nous entraînera toujours dans le tourbillon de la vie pour nous émouvoir et nous émerveiller inlassablement. »

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a rendu hommage à une actrice dont le talent « a marqué la culture européenne » et dont le travail a « toujours reflété les valeurs de l’Union »« Jeanne Moreau a marqué avec son talent la culture européenne et son art continuera à charmer et à enchanter tous les publics bien après sa disparition », a-t-il affirmé dans un communiqué.

Le monde de la culture lui a également rendu hommage. Brigitte Bardot a salué la « personnalité hors du commun » de l’actrice, avec qui elle avait partagé l’affiche dans Viva Maria en 1965. « J’ai beaucoup de chagrin. Jeanne était avant tout une femme belle, intelligente, séduisante, avec une voix et une personnalité hors du commun, qui ont fait d’elle une actrice aux multiples facettes », a-t-elle souligné dans un communiqué.

« Jeanne Moreau a eu une vie extraordinaire. Je crois que tout le monde l’aimait. Je garde le souvenir d’une femme libre, d’une femme très libre (…) », a pour sa part dit l’acteur et réalisateur Jean-Pierre Mocky sur RTL.

Panthéon filmique

Jeanne Moreau passe une partie de son enfance à Vichy, avant de revenir s’établir avec sa famille à Paris, où elle achève ses études secondaires. A l’adolescence, elle se prend de passion pour le théâtre. A 19 ans, après le Conservatoire, elle fait ses débuts à la Comédie-Française, qui représente pour elle « la discipline, l’exactitude ». Un choix que désapprouve son père, qui la jette dehors.

Un antagonisme profond la sépare de son père, « un homme élevé par des parents du XIXe siècle » qui supportait également mal que sa femme lui échappe. « Ça m’a rendue enragée de voir comment une femme pouvait se laisser malmener », confiait-elle. Son goût pour la lecture lui vient de son oncle, « un homme extraverti » qui lui donnait des livres – « ce qui était interdit, j’ai toujours lu en cachette » –, et lui payait des cours de danse. « J’ai découvert la sexualité sur le tard, à travers les livres et parce qu’on a vécu dans un hôtel de passe à Montmartre » à Paris, s’amusait cette grande séductrice.

C’est sur les planches qu’elle fait ses premiers pas – elle jouera dans une soixantaine de pièces tout au long de sa carrière. En 1946, elle rentre comme auditrice au Français. Elle se fait remarquer quelques années plus tard alors qu’elle joue le rôle d’une prostituée dans la pièce d’André Gide Les Caves du Vatican, mise en scène par Jean Meyer en 1950.

Un an plus tôt, elle entame une carrière au cinéma, avec Dernier amour, de Jean Stelli, sorti en 1949. La même année, Jeanne Moreau se marie avec l’acteur et réalisateur Jean-Louis Richard et donne naissance à leur fils, Jérôme, avant de divorcer en 1951. Plus tard, son ex-époux devient le coscénariste attitré de François Truffaut, sous la direction duquel Jeanne Moreau tourneraen 1962, Jules et Jim, l’histoire d’un triangle amoureux tragique. Elle y chante Le Tourbillon de la vie et incarne une amoureuse affranchie, emblématique des héroïnes modernes qu’elle va régulièrement camper pour le cinéma.

Mais c’est avant sa rencontre avec le réalisateur des Quatre cents coups qu’elle joue un rôle décisif pour sa carrière, celui d’une amante complice du meurtre de son mari, dans Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle, sorti en 1957.

Les années 1960 sont fastes et assoient son statut de star internationale. Elle tourne Le Procès (1962), sous la direction d’Orson Welles, avec qui elle tournera de nombreux films, dont Une histoire immortelle. Fidèle à ses metteurs en scène, à qui elle a apporté sa confiance avant qu’ils n’entrent au panthéon des cinéastes, elle retrouve Louis Malle pour Les Amants (1958), Le Feu follet (1963) et Viva Maria ! (1965). Arborant une chevelure blond platine, elle se transforme pour les besoins du film de Jacques Demy La Baie des Anges (1963), où elle incarne une flambeuse doublée d’une femme fatale.

Tout au long de sa carrière, elle s’entoure des plus grands réalisateurs, comme Buñuel, dans Journal d’une femme de chambre, Antonioni dans La Notte,Losey dans Eva ou, plus tard, Wenders dans Jusqu’au bout du monde. En 1974, elle donne la réplique à Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, dans Les Valseuses, de Bertrand Blier. Le film fait scandale.

Multiples récompenses

Deux ans plus tard, elle passe à la réalisation, avec Lumière, un film sur l’amitié féminine dans lequel elle se met en scène au côté, notamment, de Lucia Bosé, sa partenaire dans Nathalie Granger. Dans ses autres films et documentaires, elle rend hommage aux actrices de son époque.

En 1992, elle reçoit le César de la meilleure actrice pour La vieille qui marchait dans la mer, un film réalisé par Laurent Heynemann. Lauréate du prix d’interprétation féminine 1960 à Cannes pour Moderato cantabile de Peter Brook, elle fut la seule comédienne à avoir présidé deux fois le jury de ce festival, en 1975 et 1995. Elle y a aussi été plusieurs fois maîtresse de cérémonie. En 1998, elle obtient un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, ainsi qu’un César d’honneur en 1995. Plus de dix ans plus tard, elle reçoit un « Super César d’honneur » lors des César 2008.

A la veille de ses 80 ans, elle reconnaissait avoir vécu dans son métier des moments de passion qu’elle n’avait pas vécus dans sa vie. « On dit toujours qu’en vieillissant les gens deviennent plus renfermés sur eux-mêmes, plus durs. Moi, plus le temps passe, plus ma peau devient fine, fine… Je ressens tout, je vois tout », notait-elle avec son phrasé inimitable.

Source: http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/07/31/jeanne-moreau-est-morte-a-l-age-de-89-ans_5166891_3382.html#gvMvSG7f48wyZTUU.99